BANGLADESH – QUELLES RESPONSABILITES ?

19 Mai

AFP

 

 

 

 

 

Photo AFP parue dans le journal Le temps le 27 avril 2013

Par Jérôme Lange

Pour être crédible et influent sur un marché, quel qu’il soit, il faut avoir une bonne connaissance de l’ensemble de la filière, de l’origine des matières premières, leurs caractéristiques et leurs qualités, jusqu’aux différents marchés de distribution, ainsi que l’ensemble des intermédiaires de transformation.

Faute de cette connaissance, il est difficile pour une entreprise de prétendre à une position influente sur le marché qu’elle convoite. C’est pour cela que les entreprises recrutent des personnels d’expérience, qui ont une vision complète sur l’ensemble de la verticalité de la filière en question.

Sans cette expérience, acquise souvent par de nombreuses années au service des principaux acteurs, l’entreprise doit, pour exister, au moins connaitre les grands axes de la structure des coûts de ses fournisseurs.

Dans la filière textile, la cascade de sous traitance est considérable, depuis le champ de coton jusqu’à l’approvisionneur des centrales d’achat des grandes enseignes Européennes, la multitude d’étapes et d’intermédiaires potentiels peut  représenter un écran qui empêche de voir réellement comment les premiers niveaux fonctionnent, quelle est leur structure de coût, quelles peuvent être leurs marges, et comment celles-ci sont construites.

C’est en fait le discours des entreprises occidentales qui expliquent souvent, dans leurs rapports annuels accessibles en ligne, qu’elles portent une attention toute particulière aux contrats qu’elles signent en imposant des règles à leurs fournisseurs directs. Mais que se passe-t-il pour le deuxième niveau de sous traitance ou de fourniture ? et pour le troisième, et les intermédiaires de transport, les assembleurs, les négociants et les coopératives locales et les producteurs.

On sait que pour atteindre des coûts bas de production, se sont souvent les coûts salariaux (30 euros de salaire mensuel pour les salariés Bengalais) suivis par les normes sociales et environnementales qui sont sacrifiées par les pays en voie de développement. Ces pays ont en effet besoin de développer une activité économique pour assurer la subsistance de leur population et une certaine stabilité politique.

Alors qui donc est responsable de ce terrible accident (devrait on parle de crime collectif ?) survenu la semaine dernière au Bengladesh et qui a fait plus de 1000 victimes (sans compter les effets domino pour les familles des victimes)?

Nous n’avons pas réellement besoin de chercher qui est responsable. Nous le savons.

Il y a des responsabilités directes et immédiates, qui sont celles du propriétaire de l’immeuble et de l’exploitant, qui n’ont pas évalué la capacité du bâtiment à supporter une activité industrielle pour laquelle il n’était pas prévu et qui n’ont pas voulu entendre les alertes lancées par les salariés même, quand les fissures sont apparues dans la structure de la construction.

On retrouve là tous les ingrédients nécessaires à la catastrophe. Des donneurs d’ordre plus soucieux de la rentabilité que de l’éthique, recherchant les coûts les moins élevés sans se préoccuper de la réalité des conditions d’obtention de ce coût, un pays exsangue qui cherche par tous les moyens de développer une activité économique en profitant de la baisse d’intérêt que la Chine représente au regards des marques occidentales, un exploitant et un propriétaire qui ne respectent aucune norme de construction, et surélèvent un bâtiment à usage d’habitation pour y installer une activité industrielle, sans contrôle de l’Etat.

Il y a des responsabilités moins directes, mais proches et potentiellement importantes des autorités et de l’état Bengalais qui n’imposent rien (au prétexte de l’activité économique et de la stabilité politique), et qui ne contrôle rien des activités industrielles et commerciales, et qui incitent même le développement par des règles fiscales attractives.

Il y a la responsabilité des consommateurs occidentaux, qui, compte tenu de la situation économique européenne, sont de plus en plus sensibles aux prix des produits achetés, et ne s’intéressent pas nécessairement à l’origine de ces produits (demandez à vos proches de situer le Bangladesh sur une carte du monde). Même si on ne peut nier qu’elle existe, cette responsabilité est de mon point de vue très faible, car de tout temps, le consommateur final à souhaiter le meilleur prix, pour chaque produit acheté. Pendant très longtemps, il a pu comparer des produits qui étaient fabriqués localement et se sentir en position d’effectuer un réel choix pour faire marcher la concurrence, mais à présent, il n’a pas suffisamment de visibilité sur les origines des produits pour se faire une idée objective. C’est alors le prix, et uniquement le prix qui est l’élément de comparaison qu’il utilise.

Enfin, la seule vraie responsabilité est à chercher chez les donneurs d’ordre, les distributeurs et les grandes marques qui se retranche bien souvent derrière les contrats qu’elles signent avec le premier maillon de la chaîne, alors que ce sont les seuls à réellement connaître l’ensemble de la filière, car comme nous l’avons dit en introduction, pour être crédible et influent sur un marché, quel qu’il soit, il faut avoir une bonne connaissance de l’ensemble de la filière. En effet, comme le précise une étude du cabinet McKinsey présentée en 2011, « le Bangladesh est idéalement placé pour devenir une « nouvelle Chine », à l’heure où les marques occidentales tendaient à se désengager partiellement des ateliers de l’empire du Milieu, handicapés par l’augmentation des coûts ».

S’il est avéré que les activités qui se déroulaient dans le bâtiment ne faisaient pas partie d’un réseau de contrefaçon, alors, les marques citées dans les premiers éléments de l’enquête, clientes de cette entreprise Bengalaise, sont responsables au premier chef. En effet, le droit ne les rend pas responsables des activités de leurs sous-traitants et fournisseurs, ce que l’on peut regretter, car les risques de dumping social et environnemental seraient alors très largement réduits, mais se sont-elles qui imposent la structure des coûts de ces fournisseurs sans se préoccuper de la façon dont ces coûts sont atteints. Elles revoient cette responsabilité sur les Etats et sur les exigences des consommateurs.

Ce sont donc bien les grandes enseignes qui ont le pouvoir d’accéder à l’ensemble de l’information, et qui sont les seules à pouvoir réellement agir. Evidemment, elles peuvent nous tenir le discours déjà entendu de « responsable mais pas coupable » en essayant de reporter l’entière responsabilité sur l’exploitant, mais la décence devrait au moins leur imposer de porter une réflexion sur la portée des leurs décisions, de leurs choix, et de leur influence sur les choix et les décisions de leurs clients.

Il est nécessaire aujourd’hui que ces donneurs d’ordre internationaux exigent de l’ensemble de la filière des comportements éthiques, et qu’elles soient en mesure d’en apporter la preuve aux consommateurs. Elles doivent mettre en place des procédures de gouvernance et de contrôle des activités exercées en leur nom, quel que soit le lieu où celles-ci sont exercées, organiser des audits de sous traitance et évaluer le niveau de leur Responsabilité Sociétale. Ce type d’évaluation, que de nombreuses entreprises considèrent comme un bon vecteur de communication pour la promotion de leur image, ne peut plus être considéré comme un simple outil de marketing, mais devient une impérieuse nécessité pour assurer une réelle pérennité des activités, prenant en compte l’ensemble des parties prenantes des activités de ces entreprises. Les exemples d’Union Carbide, responsable de la catastrophe de Bhopal, Nike et ses ballons cousus par de jeunes enfants, et plus récemment Spanghero, démontrent l’impact négatif de comportements uniquement orientés vers la rentabilité financière des activités industrielles.

Faute de mettre en œuvre de tels systèmes, le risque est grand de voir un jour la clientèle, de plus en plus sensibilisée et informée, se détourner de leurs enseignes pour ne pas avoir à partager, même une part infime, de la responsabilité de mille morts et de dizaines de milliers de situations dramatiques dans une prise de conscience collective.

Jerome.lange@edderis.com

Du changement climatique à la stratégie d’investissement

18 Fév

Finances responsables, une alternative  pour un investissement durable ?

Le réseau EVER réunit les entreprises et les acteurs de l’économie régionale pour mener une réflexion commune et des échanges d’expériences sur le développement durable et la RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise). Dans le cadre de ses réunions thématiques, notre réseau organise:

Mardi 28 février 2012 à 18h30 au Novotel TLSE  Aéroport (Purpan)

Une conférence-débat, suivie d’un cocktail dinatoire,au cours de laquelle nous aurons l’honneur de recevoir :

Monsieur Carlos JOLY

Expert au service d’une stratégie d’investissement dédiée au changement climatique, il est le co-fondateur et le premier Président de l’UNEP-FI*. Il co-préside le groupe des experts qui a notamment rédigé les PRI de l’ONU – principes de l’investissement responsable.

Carlos Joly a publié un livre ainsi qu’un nombre important d’articles de recherche sur le sujet de l’investissement responsable et de l’environnement. Il est titulaire d’un Master de Philosophie de Harvard.

Il nous livrera son expertise sur le concept et les enjeux de l’Investissement Socialement Responsable (ISR),  son processus d´investissement, le mécanisme de la sélection des titres ainsi que son expérience historique de performance financière

* UNEP-FI, United Nations Environment Programme – Finance Initiative

A cette occasion vous aurez la possibilité de découvrir le Novotel Toulouse Aéroport un des premiers Hôtel Toulousains avec NovotelToulouse Compans à être certifié EARTHCHECK …

http://ww1.earthcheck.org/fr-FR/other-products-services/default.aspx

Visualisez sur un plan intéractif

Itineraire

En provenance de Bordeaux, Montpellier, Foix ou Tarbes : Prendre le périphérique en direction de Toulouse Centre – Blagnac, sortie 29, Purpan.

Au feu de circulation, tourner à gauche sur l’Avenue de Grande Bretagne puis prendre la première rue à gauche,Impasse de Maubec. En provenance de l’aéroport : Prendre direction Montpellier, sortie 1, Purpan.

Parking : Parking privé extérieur – Parking privé extérieur clos

Navette gratuite : NOVOTEL

Confirmer votre présence  à confirmationever@gmail.com


On parle de nous dans la Dépêche !

17 Nov

Publié le 16/11/2010 03:49 | LaDepeche.fr

Castelginest. Développement durable: elle anime le réseau EVER

 

Virginie Lopez-Portes souhaite beaucoup sensibiliser les entreprises du nord de l'Agglo./Photo DDM
Virginie Lopez-Portes souhaite beaucoup sensibiliser les entreprises du nord de l'Agglo./Photo DDM
Virginie Lopez-Portes souhaite beaucoup sensibiliser les entreprises du nord de l’Agglo.
/Photo DDM

Ce réseau de Midi Pyrénées en plein développement constitue une véritable plateforme de partage et d’échanges de bonnes pratiques en matière de développement durable et de RSE. La définition de la RSE par l’union Européenne est : « L’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ».

Les sociétés prennent conscience de conscience de la nécessité de faire évoluer leur propre modèle économique vers une contribution durable et écologique. « C’est très facile dans une grande ville comme Toulouse. Mais dans les petites villes ou villages aux alentours, rien ou peu de chose sont prévues. Nous mettons en contact les différents acteurs économiques pour créer ou recréer des filières » explique Virginie Lopez-Portes, présidente du réseau EVER, qui conseille actuellement un cabinet médical de Castelginest. Organiser le tri et le ramassage des déchets médicaux, changer les produits désinfectants pour d’autres plus respectueux de l’environnement, proposer l’utilisation de verre en carton, plutôt que ceux en plastique… Sur tous ces exemples, Virginie Lopez-Portes préconise et met en relation. « Nous privilégions les acteurs locaux, les prothésistes du coin, les fournisseurs bio. Nous avons récemment fait don d’un vieux stérilisateur à une ONG Africaine. Ces petits gestes ne sont pas encore dans les habitudes des PME ou des TPE et pourtant cela allège considérablement notre empreinte Carbone ». La présidente du réseau, titulaire d’un Master spécialisé dans les changements climatiques et le développement durable, espère faire des émules parmi les chefs d’entreprises. Une démarche pro active et volontaire.